« LA SAISONNIERE » : L’épanouissement par la production et la commercialisation du bio


Œuvrer à l’épanouissement des femmes, tel est l’objectif de l’association « La Saisonnière ». Cette association entend éradiquer la vulnérabilité des femmes à travers plusieurs activités. Son domaine d’intervention est essentiellement l’agriculture. Mais, « La saisonnière » ne fait pas dans l’agriculture ordinaire. Elle a décidé d’innover en ayant une approche économiquement rentable mais également qui préserve l’environnement et participe au bien-être. Votre canard Bizya est allé à la rencontre de ces femmes à part pour mieux cerner les enjeux autour de leurs activités que sont essentiellement l’agroécologie, l’agriculture biologique et le micro jardinage.

Enseignante de carrière jusqu’en 2001, année de sa retraite Madame Sedego/ Héma Salamata Sophie est aujourd’hui présidente de l’association « La Saisonnière ». Une association qui vise l’épanouissement des femmes, maillon important voire incontournable sous nos cieux pour l’atteinte d’un développement harmonieux et durable. « Nous voulons précisément améliorer les conditions des femmes à partir d’un certains nombres d’activités afin d’atteindre notre objectif principal qui est un objectif de développement », a d’ailleurs soutenu la présidente de « La saisonnière ». Mais les membres de « La saisonnière » sont conscientes que l’on n’atteint pas le développement avec une baguette magique encore moins avec de beaux discours. La condition sine qua non c’est le travail. Un travail « intelligent » qui tient compte de toutes les variables susceptibles de biaiser le processus dans le court ou le long terme.  A « la saisonnière », l’accent a été mis sur deux aspects qui sont essentiels dans le contexte burkinabè. Bien entendu et comme susmentionné, il s’agit de l’amélioration des conditions de vie des femmes et la protection de l’environnement.

Pour la première responsable de l’association, l’amélioration des conditions des femmes reste et demeure son cheval de batail. Pour y arriver, Madame Sedego/ Héma Salamata Sophie qui a été enseignante des sciences naturelles dans les lycées et collèges a eu l’idée de créer cette association pour aller vers d’autres personnes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école ou d’étudier jusqu’à l’université. « Cela me permet de partager ce que j’ai reçu comme enseignement avec d’autres personnes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école », précise-t-elle. Aujourd’hui, la satisfaction de Dame Sedego est totale. Ce qu’elle ressent c’est beaucoup de joie.  « La joie de voir que je peux aider d’autres personnes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école, la joie de pouvoir faire quelque chose au lieu de rester à la maison et toujours dépendre du mari », renchérie la présidente de l’association « La Saisonnière ». Parlant d’aider les autres avec les ressources dont elle dispose, elle le fait et elle le fait bien. Parce que les femmes avec qui elle partage son expérience et qui adhèrent à l’association ne sont pas sélectionnées sur le volet. Les femmes qui ont été recrutées pour les cultures maraichères, au départ, ont été sélectionnées sur la base de plusieurs critères de vulnérabilités. C’étaient celles qui n’avaient pas de travaille donc aucun revenu mais qui, pourtant ont des charges.  « Il y en a même qui raclaient le sol pour avoir un peu de sable ou de gravillon et aller vendre pour s’acheter de quoi manger et nourrir leurs enfants », se rappelle Dame Sedego. Selon elle, cette activité peu rentable comportait d’énormes risques car elle contribuait à dégrader l’environnement. « C’est au regard de tout cela que nous les avons recrutées et aujourd’hui, je suis satisfaite de voir qu’elles sont occupées et qu’elles ne travaillent plus à dégrader l’environnement », se réjoui la patronne de « La saisonnière ».

Mieux, ces femmes travaillent à protéger l’environnement et participer de façon directe et indirecte au bien-être des populations par les activités qu’elles mènent au sein de l’association. Ce sont, entre autres, l’agriculture biologique, l’agroécologique et le micro jardinage.   L’objectif, c’est de produire des fruits et légumes entièrement bio dans des conditions optimums. On y trouve dans leurs parcelles la laitue, du chou, du gombo, des oignons… Dans son approche, « La saisonnière » exploite des techniques et des méthodes culturales basiques mais efficaces et conservatrices de l’environnement. Entre autres, l’irrigation, l’utilisation de fumure organique, la jachère, l’assolement… Les semences mis en terres pour la production des fruits et légumes sont tout aussi naturelles. Les femmes travaillent selon une organisation qui leurs est propre pour l’entretient des plantes ainsi que les récoltes. « Avec l’agriculture biologique, il faut plus de soins et temps », relève Dame Sedego. Et, c’est la commercialisation de ces produits qui leurs procurent un revenu qu’elles utilisent pour subvenir à leurs besoins.

Mais, à les entendre, il est difficile de vendre le bio au prix voulu. De l’avis de la présidente de « La saisonnière » les gens préfèrent ce qui est moins cher que ce qui est saint. L’autre difficulté qu’elles rencontrent c’est la rareté du fumier et par-dessus tout, à entendre la présidente, il existe parfois des périodes de méventes. Mais, toujours dans sa logique d’innover et de tenir compte de son environnement, dame Sedego rassure que des mesures sont en train d’être prises pour planifier la production. Pérenniser les acquis engrangés dans le domaine de l’agriculture bio, tel est le souhait de la présidente de l’association qui a été certifié « Bio » par le Système participatif de garantie de l’Association pour l’agriculture biologique. Soutenue au départ par l’Union Européenne et la Fondation Nicolas De Preux, la Saisonnière rencontre de nos jours des problèmes d’ordre matériels et financiers. « Beaucoup de gens s’intéressent à ce qui nous faisons à travers des informations et des sensibilisations en agroécologie et surtout en agriculture biologique » de l’avis de la présidente de l’association. Le défi de « La Saisonnière », pour elle, c’est de pouvoir convertir les maraichers qui utilisent les engrais chimiques qui causent beaucoup de maladies aux consommateurs en agroécologie et aux produits bio.

L’effectif de « La Saisonnière » atteint de nos jours la centaine de femmes sans compter le centre de tissage et de couture mis en place également pour aider les femmes. Qu’elles soient dans l’agriculture bio ou les métiers, ces femmes participent à l’épanouissement d’autres femmes ou du moins des futures femmes qui ne sont autre que leurs propres filles. « Généralement quand il y a beaucoup d’enfants dans une famille, le monsieur s’occupe de la scolarisation des garçons », nous confie madame Sedego. Les filles sont dans ce cas laissées pour compte. Et c’est là qu’interviennent leurs mères pour épauler le chef de famille avec leurs économies afin que tous les enfants puissent aller à l’école. « C’est un sentiment de satisfaction qui m’anime quand je vois que le peu que j’ai eu à partager avec les autres, ce peu là leur a permis aussi d’avancer un peu dans leur vie », se réjoui Sedego. Madame Delma/ Ilboudo Sophie est bénéficiaire, animatrice en alphabétisation en langue mooré. Elle nous confie, en effet que toutes les femmes à travers leurs activités dans le centre sont sorties de la misère. Elles peuvent désormais avoir mensuellement au moins 30 mille francs comme revenu. Ce revenu leur a permis d’avoir quelques matériels et de pouvoir s’acheter des habits pour eux et leurs enfants.

Hamado Ouédraogo.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *