La culture et la vente de L’oignon : Des activités qui rapportent des centaines de millions en si peu de temps !

Plante herbacée potagère de la famille des amaryllidaceae, l’oignon est originaire de l’Asie Centrale et cultivé depuis des millénaires. Encore appelé alicament qui signifie aliment médicament en raison de ses nombreuses vertues, l’oignon reste l’un des produits de la terre les plus utilisés dans la gastronomie locale. En plus de ces propriétés, la filière crée de nombreux emplois et génère des revenus substantiels aux producteurs ce qui fait de sa culture un business rentable. Allons à la découverte de ce joyau.

Qu’est-ce que l’oignon ?

L’oignon est une plante d’une taille qui peut atteindre 60 à 100 cm. Elle se présente sous forme de bulbe sphérique recouverte de tunique et concentrique et son cycle de vie s’étale sur deux ans. La première année de son cycle est marquée par une phase de croissance végétative et une phase de mise en réserve ou bulbaison. Cette étape a une durée de vie de 120 à150 jours en fonction des variétés. La deuxième année de son cycle correspond au repos végétatif du bulbe et à la formation des graines. Cependant, il est généralement produit comme une plante annuelle.                                         

Les variétés d’oignon sont nombreuses. Il existe plus d’une cinquantaine de variétés dans le catalogue officiel. Cependant seules sept sont inscrites dans le catalogue Ouest africain des espèces et variétés végétale notamment le blanc de Galmi, le blanc de Soumarama, le jaune hâtif de Valence, le local Maranville, le Red Créole, Texas early yellow grano, et le violet de Galmi. L’adoption d’une variété dépend des conditions environnementales, et des facteurs socio-économiques du pays. Toutefois, seules six variétés sont recommandées au Burkina à savoir le violet de Galmi, le violet de Soumarana, le violet de Noflaye, le violet de Garango, le Red créole et le Texas early yellow grano. Certaines de ces variétés ne sont pas inscrites dans le catalogue Ouest africain.

Il y a plusieurs espèces d’oignons

Exigences et technique de production de l’oignon

Les méthodes de culture de l’oignon varient selon les régions, les saisons, les types de sols, les pays et des moyens dont disposent l’agriculteur. En Afrique la culture de l’oignon exige des sols légers ou fondés c’est-à-dire des sols riches en humus. La préparation du sol se fait généralement entre mars et avril avant le planting qui lui se fait entre le mois de juin et juillet. Il s’agit tout d’abord du labour et de la pulvérisation. Une fois la préparation du sol fini il faut songer à replanter les pépinières et cette culture se fait sur billons espacés de 80cm, sur sol fondé léger et à plat sur sol sableux.  L’entretien de la plantation d’oignon se résume au désherbage et à la lutte phytosanitaire. L’engrais chimique ou biologique peut être également utilisé pour le développement de cette culture. L’irrigation doit être arrêtée au moins 10 jours avant les récoltes. En outre, cette récolte se fait manuellement ou à l’aide d’un petit souleveur comme la daba. Le rendement moyen d’une plantation d’oignon est de 20 tonnes à l’hectare, si toutefois le sol est bien adapté.

Des plantes d’oignons en floraison

Les bienfaits de l’oignon

L’oignon en plus de ses valeurs nutritives et médicinales, est un antiseptique puissant qui contient de grandes quantités de vitamines A, B et C, le soufre, la silice, l’iode, le sodium et de nombreux autres éléments qui font de lui un excellent tonifiant.  C’est une source forte d’acide folique, de calcium, de phosphore, de magnésium, de chrome, de fer et de fibre diététique. Les oignons sont une herbe utile pour la prévention des maladies cardio-vasculaires, d’autant plus qu’elle réduit le risque de caillots de sang. L’oignon aide également lutter contre les problèmes de l’estomac et d’autres cancers, aussi bien que la protection contre certaines infections. Les oignons peuvent améliorer la fonction de poumon, particulièrement dans le cas des asthmatiques.

Investir dans l’oignons en Afrique : Un secteur porteur pour la jeunesse entreprenante

C’est un des légumes crus les plus commercialisés dans le monde grâce à sa durée de conservation relativement longue. Les pays d’Afrique de l’Ouest tels que le Nigeria, le Niger, le Sénégal, le Burkina Faso, sont de grands producteurs d’oignon.  Toutefois, seuls le Nigeria et le Burkina Faso produisent des quantités qui excèdent la demande intérieure. Avec une production annuelle moyenne de 1,1 million de tonnes environ, l’Afrique de l’Ouest représente moins de 2% de la production mondiale d’oignon. En termes d’exportation, le Niger et le Burkina Faso sont les deux seuls pays en Afrique de l’Ouest qui produisent des oignons en quantité suffisante pour satisfaire la demande intérieure et pour exporter leur excédent. Au Burkina Faso, la production et le surplus est exporté vers les pays voisins tels que le Ghana, la Cote d’ivoire et le Togo.

Actuellement, sur le marché le kilogramme varie entre 500f et 400f en fonction de la variété. Le cultivateur peut alors empocher jusqu’à 8millions après 4mois d’activité, après avoir investi environ 1,5 millions de FCFA dans la plantation. Selon un jeune entrepreneur nigérien Yaya Ousmane titulaire d’un master en Marketing et communication, la culture de l’oignon est une passion. Il avoue que c’est un héritage. Il souligne qu’en 2018 il a importé 30 tonnes d’oignons et ce volume va s’accroitre car il réalise un chiffre d’affaire de 4 à 5 millions de FCFA. Il estime qu’il pouvait faire mieux s’il n’y a pas trop de tracasserie douanière au niveau du Burkina Faso et du Benin car ce qui n’est pas le cas du Togo qui selon lui, offre toutes les facilités grâce à l’office des recettes OTR. Pour lui, l’oignon est une denrée importante dans les habitudes alimentaires et son commerce a de l’avenir et aura besoin de l’appui des pouvoirs publics.

Difficultés rencontrées

Malheureusement la chaîne de valeurs des oignons de l’Afrique de l’Ouest est caractérisée par une forte saisonnalité et d’importantes insuffisances structurelles et organisationnelles qui entravent la capacité des producteurs à satisfaire entièrement la demande du marché sous régional tout au long de l’année. En outre, la faible capacité des États à surveiller les flux transfrontaliers en particulier lorsqu’une grande partie des échanges est effectué par le secteur informel ne facilite pas une analyse et une compréhension plus exhaustive de la portée actuelle du commerce sous régional. Cette situation a permis à d’autres pays plus efficients et grands producteurs, de l’UE et d’ailleurs, d’exploiter ce qui constitue un fossé de compétitivité croissant en ciblant les marchés de l’Afrique de l’Ouest, particulièrement pendant les mois de morte-saison.

Perspectives

Cependant, pour que cette culture en Afrique puisse faire face à la concurrence il faudrait :

  • Améliorer la disponibilité des semences, notamment locales ;
  • Mécaniser la production face à la faible disponibilité de la main d’œuvre qui renchérit le cout de production ;
  • Réduire les pertes en eau par une meilleure maitrise des besoins en eau de la culture et des pertes liées au transport ;
  • Déterminer la formule d’engrais adaptée aux besoins de la plante et analyser le sol de la zone d’étude afin d’indiquer la dose d’engrais la plus appropriée ;
  • Evaluer l’efficacité du compost produit à partir des déchets urbains sur l’oignon pour accroitre la disponibilité de la fumure organique et analyser les dangers liés aux métaux lourds de ces déchets urbains.

Evelyne.Téné.Coulibaly

Valentin Mano

Journaliste multimédia manovalentin1er@yahoo.fr

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