Burkina Faso : Les J.P.P.A.-BF pour magnifier les potentialités agricoles

Le Burkina Faso est un pays qui regorge d’énormes potentialités agricoles. Plus de 80% des burkinabè vivent donc de ce secteur. La majeure partie des agriculteurs burkinabè sont dans la production vivrière. Il s’agit notamment de la production du mil, du maïs, du riz et du niébé. Cependant, malgré l’importance de la production vivrière, le pays continue d’importer certains produits agricoles au détriment donc des produits nationaux.

Ainsi, pour renverser la tendance, des jeunes burkinabè s’illustrent dans la promotion des produits agricoles burkinabè. Sont de ces jeunes-là, Juliana Chikita Nikiema. Ingénieur d’Agriculture, elle est la directrice générale de l’entreprise Nature First SARL. Elle a décidé de porter haut le flambeau de la production agricole du Burkina Faso. Pour ce faire, elle a initié les Journées promotionnelles des potentialités agricoles du Burkina Faso (J.P.P.A.-BF). Pour mieux comprendre cette activité dont la 2ème édition se tiendra du 23 au 25 octobre 2020, Byzia a rencontré pour vous la promotrice des J.P.P.A.-BF.

Byzia : Parlez-nous des Journées promotionnelles des potentialités agricoles du Burkina Faso que vous avez initié.

Juliana Chikita Nikiema (JCN) : Les journées promotionnelles sont une plateforme que nous avons mise en place pour réunir les acteurs du monde agricole (agriculture et élevage). Ceci pour leur permettre de collaborer et de donner plus de visibilité aux produits du milieu rural. Les J.P.P.A.-BF se déroulent alors sous forme d’exposition-vente, de dégustations de mets locaux, de panel et de conférence.

Je dois souligner que pendant et après ma formation, j’ai été en milieu rural aux côtés des producteurs agricoles ; et force est de constater que, en dépit des efforts qu’ils fournissent, leurs produits ne sont pas assez valorisés. C’est alors que je me suis dit pourquoi ne pas organiser ses journées pour présenter ces produits et élaborer avec d’autres acteurs des stratégies pour un meilleur développement des filières agricoles au Burkina Faso. C’est de là qu’est venue l’idée des Journées promotionnelles des potentialités agricoles du Burkina Faso.

Les J.P.P.A.-BF valorise les produits agricoles du Burkina Faso

Byzia : Quels sont les objectifs visés à travers ces journées ?

JCN : L’objectif principal est de mettre en exergue, chaque année, une ou deux spéculations en fonction des potentialités qu’elle présente, aussi bien sur le plan de la production que de la consommation. Nous avons commencé avec le riz qui est la 4e céréale produite au Burkina Faso avec plus de valeurs nutritives que le riz importé. Malheureusement ce riz local est très peu consommé. Avec tout ce que nous avons comme potentialité, c’est quand même dommage de continuer d’importer du riz alors que nos agriculteurs produisent des tonnes de riz qui ne sont ni connus ni consommés. Donc, l’objectif général est de montrer tous les efforts qui sont faits par les producteurs en milieu rural.

Byzia : Pour cette édition, un accent particulier est mis sur le niébé et le riz ; Pourquoi ?

JCN : Nous avons choisi le riz et le niébé en tenant compte de leur importance nutritive et productive. Déjà pour le riz, son importance a été mentionnée précédemment. C’est une céréale assez consommée au Burkina Faso. Mais nos observations et les statistiques de nos travaux montrent que le riz produit par nos producteurs n’est pas assez consommé. Pour ce qui est du niébé, c’est une légumineuse à haute valeur nutritive protéique et qui est nettement moins cher que les sources de protéines d’origine animale comme la viande et le poisson.

Byzia : Qui peut prendre part à cet évènement ?

JCN : Pour exposer ses produits aux Journées promotionnelles des potentialités agricoles du Burkina Faso, il faut être un acteur de la filière riz ou niébé. Il s’agit donc des producteurs, des transformateurs, des distributeurs d’intrants, des associations, des groupements et également des ONG œuvrant dans le secteur Agro-sylvo-pastoral, etc. Bref tous ceux qui sont acteurs des deux filières. La visite et la participation aux dégustations, au panel et à la conférence est libre et gratuite.

Byzia : Quelles sont les conditions de participation ?

JCN : Il faut essentiellement être acteur des filières riz ou niébé et s’acquitter du coût de location des stands pour participer à l’activité d’exposition-vente. Cependant la visite est libre et gratuite. Nous avons aussi une offre de subvention avec l’appui de nos partenaires pour les exposants qui ne sont pas de la région du Centre et qui ne peuvent pas assumer la totalité du coût des stands. Cela se fait par une demande adressée à la Directrice Générale de Nature First S.A.R.L. en spécifiant le pourcentage du montant qu’on est en mesure de payer. De notre côté, nous verrons avec les partenaires pour prendre en charge le reste. Nous avons lancé cette offre pour permettre au maximum d’acteurs de prendre part à cette 2e édition.

Byzia : Justement parlant des partenaires, qui sont- ils ?

JCN : Les journées sont patronnées par le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat (MCIA) et celui de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles (MAAH). Pour ce qui est des autres partenaires, il y a :

  • Le Fond Burkinabè de Développement Economique et Social (FBDES) ;
  • Le Centre National de Recherches Scientifiques et Technologiques (CNRST) ;
  • Les éditions Sidwaya qui nous accompagnent dans la couverture médiatique ;
  • NANKOSEM qui est un producteur et distributeur d’intrants ;
  • La Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rural (DGPER) ;
  • L’Agence Evènementiel AE Cristal ;
  • Lys Création ;

Byzia : L’activité se déroulera sur trois jours. Quelles seront les grandes articulations ?

JCN : Durant ces trois jours, il y aura des expositions ventes, une dégustation, un panel et une conférence. Le premier jour, après la cérémonie d’ouverture, il y aura la visite des stands et le panel dans l’après-midi. Le thème du panel est « rôle et importance du niébé et du riz du Burkina dans l’alimentation des populations dans un contexte de crise sécuritaire et sanitaire ». Nous avons tous vécu les impacts de la covid-19, avec la limitation des importations due à la fermeture des frontières. Qu’est-ce qu’on peut faire avec ces spéculations qui sont importantes dans l’alimentation ? Comment les valoriser ? Comment relever même notre économie avec ces produits ?

Ce sont là autant d’interrogations qui auront des réponses au cours des panels. Pour ce qui est du volet crise sécuritaire, il y a beaucoup de déplacés. C’est vrai que l’Etat fait beaucoup d’efforts dans l’alimentation des populations déplacées internes mais il y a toujours un manque. Pourquoi ne pas concentrer tout ce que nous avons comme spéculations sur place afin d’apporter cette aide ? Cela va non seulement créer de l’emploi mais également contribuer à améliorer le niveau de vie de ces déplacés. C’est donc autour de cette idée centrale que les panélistes comme des nutritionnistes et des experts agricoles viendront pour qu’ensemble nous puissions trouver des stratégies. Nous remetrons à la fin les rapports de ces échanges à qui de droit dans l’espoir que cela puisse servir.

Pour la deuxième édition, les J.P.PA.-BF mettent en exergue le riz burkinabè et le niébé

Le deuxième jour, il y aura la conférence sur le thème : « certification et normalisation : importance et étapes pour les produits locaux du Burkina ». Nous voulons tenir cette conférence pour faire comprendre aux producteurs et aux transformateurs que ce n’est pas aussi difficile de certifier les produits au Burkina Faso. Si vous suivez les travaux et les interventions du MCIA, l’accent est mis sur la certification et la normalisation des produits locaux. Pour paraphraser le Ministre, Il y a des foires internationales auxquelles le Burkina Faso participe, mais le manque de certification de ses produits empêche leur exportation. C’est l’un des gros problèmes rencontrés par nos produits locaux. Le troisième jour, la cérémonie de clôture des JPPA verra la remise des attestations aux participants et les prix aux lauréats du concours de la meilleure innovation agroalimentaire.

Byzia : En quoi consiste le concours sur la meilleure innovation agro-alimentaire que vous organisez en marge de ces journées ?

JCN : Tous les exposants sont d’office candidats au concours de la meilleure innovation agroalimentaire. L’objectif de ce concours est de voir quels sont ceux-là qui apportent un plus à ce que nous avons l’habitude de voir dans la transformation des produits locaux. En exemple, dans mes recherches, je me suis rendue compte qu’on pouvait avoir des sous-produits de transformation du niébé bien au-delà de ce que nous voyons au quotidien. Le jury va noter les différents participants et nous verrons qui a apporté ce plus-là, qui mériterait d’être primé.

Byzia : Quelles sont vos attentes à l’issue de ces journées promotionnelles ?

JCN : Les journées promotionnelles ne se limitent pas aux trois jours d’expositions. Nous travaillons également toute l’année pour non seulement mettre en place une plateforme qui rassemble les producteurs et transformateurs mais aussi des points de vente physique pour les produits qui seront à l’honneur durant les trois jours.

Au bout des trois jours, nous espérons avoir des contacts des personnes qui s’interressent au “consommons burkinabè” et nous nous porterons garant de leur trouver les produits de qualité.

Byzia : Quelles seront les surprises pour les visiteurs ?

JCN : Les surprises, ce sont les dégustations. Nous ferons des plats locaux extraordinaires avec le riz et le niébé. Les visiteurs auront alors d’office droit à ces merveilles.

Byzia : Quelles sont les dispositions prises au regard du contexte sanitaire de la Covid-19 ?

JCN : Il y aura un dispositif de distribution de gel hydroalcoolique à l’entrée. En outre, le port du masque est obligatoire. Pour ceux qui n’ont pas de masque, nous allons procéder à une distribution à l’entrée. Le nombre de stands est également limité pour tenir compte du contexte de la Covid-19. C’est d’ailleurs l’une des conditions posées par le Ministre de l’agriculture pour sa présence. C’est donc dire que nous prenons au sérieux la question des mesures barrières et nous allons les appliquer.

Byzia : Quel est votre dernier mot ?

JCN : Nous lançons un appel au public pour qu’ils viennent découvrir les potentialités des produits locaux. Même s’ils ne vont pas payer ou consommer, qu’ils nous aident à mieux cerner les préférences des uns et des autres. Je dis cela parce que nous allons collecter des données afin d’apporter les produits qui répondent donc aux besoins des populations.

Pour plus d’informations sur l’évènement veuillez contacter:

+226 61 80 43 39

+226 75 94 37 06

Valentin Youmanly

 

Valentin Mano

Journaliste multimédia youmanlymano6@gmail.com

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