Gora NDIANYE: l’ancien professeur d’histoire géographie qui a transformé une partie du désert de Samba Dia en oasis

Voici Gora NDIANYE ! C’est le fondateur de la ferme école de Kaydara au Sénégal. Tout a commencé en 2003. Même si le rêve est né depuis 1982. En une dizaine d’années, Gora NDIANYE a transformé une partie du désert de Samba Dia en un oasis.

Gora NDIANYE  le sage de Kaydara

Gora est un ancien professeur d’histoire géographie. Mais au fond, c’est un philosophe. Un sage. Il se réclame disciple de René Dumont, de Cheik Anta Diop et de Amadou Hampâté Bâ . Il dit n’avoir ni besoin de beaucoup d’argent, encore moins de poste de nomination.  Gora veut juste vivre sainement et durablement sur ses terres. Sa devise d’ailleurs est : « vivre dans la sobriété heureuse. » C’est pourquoi il a fait le pari que l’on peut vivre sur 1ha de terre, si on a l’eau à proximité, si on vit sur son terrain, si on diversifie les productions végétales et animales et si on optimise la planification de ses activités.

Plantation du premier cocotier en 2003
Plantation du premier cocotier en 2003

Gora est considéré comme le précurseur de l’agro écologie au Sénégal. Il se souvient encore de ses débuts: “C’était désertique, il n’y avait pas un seul arbre ici. Tout était sec et c’était même un terrain de football pour les jeunes du village.” Les premières actions de Gora ont consisté à planter des cocotiers, pour fixer le sol et créer une couverture végétale.

La partie de la cocoterai en culture
La partie de la cocoterai en culture

Un oasis à perte de vue

Aujourd’hui on  trouve à la ferme de Kaydara des pieds de cocotiers de maniocs, des légumes et des fruits. Sur près de 10 hectares, c’est une nature abondante qui maintenant abrite des animaux. Kaydara a tout d’un oasis. L’expérience de Gora, lui permet d’affirmer que l’arbre est fondamental dans le dispositif de production agricole. C’est pourquoi pour lui, la technique qui consiste à abattre les arbres pour produire, doit être abandonnée.

En arrivant à Samba Dia, Gora a eu la chance de trouver de l’eau dans le sous-sol et un seul arbre. Le reste a été une question de vision, de volonté et de persévérance. C’est cette vision qu’il transmet à ses écoliers fermiers.

Un écolier fermier en apprentissage
Un écolier fermier en apprentissage

Former, informer, et démontrer des pratiques agroécologiques et de promotion d’initiatives locales pour le développement durable.

Depuis ses débuts en 2003, la ferme école de Kaydara a formé des centaines de jeunes écoliers agricoles. Son principe est simple. Avant d’aller s’installer sur leurs terres, les écoliers suivent neuf mois de formation. Le partenariat entre la ferme, les comités villageois de développement et les communes a permis à plusieurs jeunes de bénéficier d’un hectare de terre chacun à la fin de sa formation. Les neuf mois de formation ayant permis à chaque écolier de produire ses propres semences et pépinières qu’ils appellent capital végétal, ils n’auront besoin pour démarrer que d’un puits de 4 à 5 m.

17 ans après ses débuts, l’objectif de la ferme de Kaydara reste le même. Former les jeunes et les installer dans les villages. Ils cultivent sans produits chimiques avec une garanti de récolter tout le long de l’année.

Le président Macky Sall en visite à la ferme en 2015
Le président Macky Sall en visite à la ferme en 2015

L’écotourisme avec accueil paysan

La renommée la ferme agro écologique de Kaydara grandi chaque jour. Elle est connue en Afrique et sur les autres continents. Pour permettre à plus de personnes de s’en inspirer, ils organisent depuis 2013 de l’écotourisme avec une possibilité d’accueil paysan. Visiter Kaydara, c’est comme accomplir un rite initiatique, qui permet à termes de comprendre que le Savoir, prime sur l’Avoir et le Pouvoir.

Gora ne tari pas de conseils. A l’endroit des agriculteurs des zones sahéliennes, il conseille de commencer par la plantation d’arbre. Par ce que les arbres permettent de limiter l’évaporation de l’eau et ont l’avantage d’activer une vie microbienne. Son souhait reste le même voir les agriculteurs africains : « intégrer les arbres dans le système de production agricole. »

Contacts :

Bureau : 00 221 33 957 03 52

Gora Ndiaye : 00 221 77 151 75 14

DIENDERE T. Philippe

 

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